Le lieu de naissance n’est jamais un choix, donc personne ne devrait en être pénalisé. La hiérarchie mondiale des passeports est systématiquement injuste, privant beaucoup d'universitaires de leur chance de continuer leurs études ou de lancer leur carrière. Je suis chinois et j’ai effectué mes études en Angleterre et en Allemagne. De l'admission en licence à l'obtention du doctorat, j'ai vu des situations déchirantes où des étudiants ont dû abandonner leurs offres d'universités, ou ne pouvaient pas assister à des conférences à l'étranger, ni participer à des entretiens en personne, uniquement à cause du refus de leur demande de visa.
Assurément, ce que j'ai vu n'est que la pointe de l'iceberg, car le coût élevé des procédures imposé par les systèmes d'immigration décourage un grand nombre de personnes avant même qu'elles n'aient pu soumettre leur dossier. En tant que détenteur d'un passeport chinois, je subis moi aussi régulièrement l'anxiété profonde, les inconvénients, les humiliations, l'invasion de la vie privée et les frustrations liés aux demandes de visa. Face à cette inégalité mondiale des passeports, j'ai jadis cru que la solution résidait dans l'acceptation de l'exploitation et dans la recherche d'un moyen de rejoindre des exploitants au sein de ce système inhumain.
Puis, à un moment donné, j'ai réalisé que quand le système d'immigration actuel disqualifie et rejette délibérément les talents en raison de leur lieu de naissance, s'unir et les soutenir devient la seule alternative au fait de collaborer avec ce système. C'est pourquoi j'ai décidé de lancer une initiative que j'ai nommée le Salon des Refusés de Visa, inspiré de célèbre salon des refusés fondé par les artistes impressionnistes en 1863.
La mission de notre salon est simple : laisser briller ceux qui sont ignorés. J'invite les étudiants et les chercheurs des quatre coins du globe, dont les opportunités ont été volées par la discrimination liée à leur lieu de naissance, à partager leurs travaux ici, au sein du Salon, avec fierté. Si la porte d'une université à l'étranger vous a été fermée, laissez le Salon célébrer votre talent. Si un agent des visas réduit votre voix au silence lors d'une conférence, le Salon n'attend que d'arborer fièrement vos travaux et de faire résonner la force de votre pensée.
04-05-2026